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Ma Semaine des As !

jeudi 25 février 2010, par Niko

Maintenant quatre ans que « La Semaine des As » fait partie de mon calendrier annuel. Sorte de pèlerinage pour sado-masochiste de la balle orange. Il est vrai qu’en quatre ans, j’y ai rarement connu des moments d’extase sportive. Il en reste que je suis un fan absolu du basket français excepté lorsqu’il joue en Euroleague (chacun a son seuil de tolérance de douleur).

Après la joyeuse édition nancéienne où tout le monde fut conquis par un trio devenu célèbre Harper-Salyers-Spencer, l’édition ensoleillée de Toulon fut survolée par les points et la blessure de Colson mais surtout par la froideur d’un jeune français, Nando De Colo.

La dernière édition au Havre fut nettement en deçà à tous les niveaux. Même si Bobby Dixon tenta de l’ensoleiller en mettant sur orbite la bande à Bluthental. L’occasion de voir qu’il peut s’en passer des choses en un an ! Le lutin meneur est passé de génie à banni et l’ASVEL d’une équipe redoutée mais battue à une équipe moquée mais vainqueur.

Un jeudi déprimant

Nancy-Roanne. Amoureux des intérieurs, des gros bras, je me faisais un plaisir d’assister à ce duel de vrais postes 5 venus du Nigéria. Le duel n’aura pas vraiment lieu. « Uche » a oublié ses mains aux vestiaires, Akingbala est... à 2 fautes rapidement. Quand il reviendra sur le terrain, la rencontre est déjà pliée. On aurait cru le SLUC de l’Euroleague. Celle qui jouait avec 3 systèmes de jeu : 1) « Ricardo, tu postes et dès que tu te rapproches du cercle tu fais trois feintes et tu montes pour te faire scotcher par un intérieur 2) « Steed, tu demandes un pick’n’roll et tu shootes » 3) « Faites comme vous pouvez ! »
On pourrait inverser la donne et se dire que Roanne a trop bien joué pour le SLUC. C’est vrai. Page était dans un bon jour et les hommes de Choulet ont mis tellement de vents à la défense nancéienne qu’à la pause les pom-poms se sont pointées en pantalon ! Sinon pour continuer à chambrer, Nick Lewis c’est quand même l’anti Marc Salyers. Si vous aimez les joueurs sexy, flashy, changez de direction.

Gravelines-ASVEL. J’ai commencé le match en prenant des photos de Collet. Je me dis que c’est peut-être son dernier match au chevet de la vieille dame de Villeurbanne. Et si les Frères Monschau, férus de stats devant l’Eternel, n’avaient pas trouvé la formule secrète pour devenir Champions de France en 2010 ? Peut-être qu’il faut perdre au premier tour de la Semaine des As ? Allez savoir. Bon sinon, trêve de plaisanterie, le deuxième meneur de l’ASVEL c’est T.J. Parker. Et là sans vouloir être trop méchant, on se dit quand même que l’ASVEL à domicile risque de quitter la compétition très tôt. Mais le basket français c’est une sorte de « pochette surprise ». Lorsqu’on s’attend à quelque chose, on est toujours surpris. Là où on croit voir des Couguars manger des petits jeunes à la croix de bois, on voit plutôt de la quiche lorraine. Là où on s’attend à voir Woodside marcher sur le duo Jeanneau-Parker, on voit Demetris Nichols enchaîner les tirs primés face à un secteur intérieur lyonnais qui flambe (même si le mot est, sans doute, un peu fort). On assiste aussi à des duels improbables, comme Fofana qui lutte face au fessier de J.K. « Jennifer Lopez » Edwards. On dirait un peu une girafe qui se chamaille avec un rhinocéros. Dépaysant. Ce match fut aussi long que les mandats de Mainini à la tête de la fédé.

Concernant la rencontre on ne voit pas trop comment l’ASVEL pourrait s’en sortir. Traoré est cloué sur le banc par les fautes, Jeanneau est fatigué, Parker a fait un passage désastreux. L’ASVEL va gagner sans meneur ni pivot contre une équipe de Gravelines au niveau proche du néant, et c’est plutôt rare pour les Nordistes depuis le début de la saison.

Un vendredi souriant

Le Mans - JA Vichy. J’ai connu de nombreux matchs de N2 ou les cinq majeurs des deux équipes étaient plus "hauts" que ceux-ci. Zach Moss et ses 201cm est le plus grand des Vichyssois par la taille et par le talent, en face Batista (2.06) et Salyers (2.04) sont les plus grands. Sur ce match, Batista réussira l’incroyable exploit de jouer avec des moufles pendant 35 minutes ! On murmure de plus en plus que le brésilien aurait laisser son côté guerrier au Brésil durant la trêve hivernale et que, du coup, il ne serait plus trop en odeur de sainteté du côté du Mans.

Même sans Issa, Vichy c’est solide.. et puis même sans Poitiers on arrive à voir des joueurs français sur le terrain ! Dans le premier quart, huit français sur le terrain dont De Jong qui n’a pas du accueillir la signature de Pettway avec le sourire, lui qui pouvait enfin entrapercevoir quelques minutes de temps de jeu. Et nos français dans tout ça ? Rebond offensif de De Jong et passe décisive pour Melody puis Yango qui marque sur une passe de Diot. Ils étaient à la réunion UCPB (Union Nationale des Clubs Professionnels de Basket) les coachs ? Bon sinon quittons un peu le terrain, prenons un peu de recul... les maillots du Mans sont aussi jolis que ceux de Vichy sont moches non ? J’aime pas le jaune et vert perso.

A 21-29 à la mi-temps, c’est toujours à ce moment-là du tournoi que je me dis "l’année prochaine, j’irais à la Copa del Rey". On est tellement critique envers notre basket national que j’aimerais vraiment voir si sur 4 jours, je "bande" plus côté espagnol. Bon, allez, trêve de mauvais esprits, ca me permet de voir un Jonte Flowers pas mal du tout, il jouerait en cadets que personne ne le soupçonnerait d’avoir triché sur son âge. Mais attention, sous son air de gamin, y en a sous le capot des deux cotés du terrain. Une très bonne pioche. En plus Vichy c’est la grosse cote, 4 contre 1. Mon instinct de joueur m’a obligé à parier pour eux. Mon cerveau me disait pourtant que y avait pas photo sans Issa. Mais Zach Moss taffe pour deux et Kareim Reid est chaud bouillant. Comme quoi même avec une seule main et un tir suspect on peut avoir une influence sur un match à ce niveau là. Quel spectacle ce Reid, il est partout dans cette fin de match. Il rigole tout seul, parle à ses adversaires, dribble comme un fou et nous donne parfois l’impression d’être au Quai 54. Les techniciens et amateurs de fondamentaux ne l’aiment pas mais c’est quand même sympa à regarder !

Malgré un shoot abracadabrant de Diot (quasiment au sol, il jette la balle en l’air qui rebondit sur l’arceau puis dans les filets), malgré 4 points d’avance à 11 secondes de la fin... Le Mans va perdre en prolongation. La faute à Rupert qui fait 0/2 aux LF et à Salyers qui fait faute sur le rebond. La faute aussi et surtout à une équipe de Vichy qui comme le dit Ali Traoré joue sur les 3C ! "Couille, Coeur et... Couille !" C’est du Ali Traoré dans le texte et on se dit qu’il n’a pas forcément tort. Côté Manceau, quand on voit la tronche de Rupert sur les lancers-francs de la gagne, on se dit qu’il préférerait sûrement être dans son canapé. Quand on voit la tête de J.D. Jackson à la fin du match, on se dit que malgré le début de saison très positif du MSB, quelque chose ne tourne plus rond.

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Laurent Sciarra
Photo : Gaëlle Louis

Orléans-Cholet. C’était la plus belle affiche du premier tour et c’est le premier match qui m’a donné envie de poser ma feuille, mon stylo pour suivre la rencontre. D’ailleurs, on sent tout de suite, dès le départ, une vraie différence avec les autres matchs. Une autre intensité, pas de doute, enfin deux équipes qui jouent la gagne ! Et puis on a deux équipes avec deux effectifs conséquents, ça joue à 11 côté Cholet ! Mais pas sûr que la 11e rotation (Sommerville) ait vraiment réussi à Kunter qui voit le vent tourné après un très bon début de match. Malgré un Austin "j’ai plus de Powers" Nichols, l’EO remet les pendules à l’heure. Pour le reste, au retour des vestiaires Orléans va prendre la main sur la rencontre et moi je me rends compte que cette fois-ci, dès le deuxième jour c’est impossible de respirer dans les toilettes de l’Astroballe !

A Nancy, l’atmosphère était devenu invivable le samedi mais à Toulon, clean ! Clean pendant 4 jours. Je m’écarte du jeu ? Non mais attendez, c’est important les toilettes dans ce genre de compétition. non ? Bon ok.

Bon retour au jeu, le 3e quart pour Cholet c’est Robinson qui avoine complet, il a piqué le distributeur de tickets shoots. Faut dire que les autres n’ont pas l’air très motivé pour prendre les choses en mains. Mejia est à deux points, Linehan 3. A ce moment là, on se dit que si ça commence à jouer, Orléans peut avoir du mal. Au final, les deux ont mis des points mais Orléans a quand même gagné. A l’inverse de Jackson, Kunter paraît nettement moins marqué que Jackson. C’est pas qu’il est heureux mais on sent néanmoins que le principal est ailleurs et que son équipe est calibrée pour réussir une bonne fin de championnat.

Un samedi mi-figue mi-raisin

Roanne-ASVEL. Qui l’aurait cru ? Uche dans l’éteignoir, Campbell sur un nuage, Marshall en mode "Cibona" (avant baston) et la bande à Collet montre enfin qu’elle aussi a des "cojones". Les supporters de Roanne sont les plus impressionnants dans une Astroballe enfin pleine mais c’est bel et bien l’ASVEL qui domine. Les hommes de Choulet auraient sans doute préféré tomber sur les zombies de l’ASVEL qui vinrent à bout de Gravelines. Au lieu de ça, c’est un ASVEL revigoré avec un Lacombe plein de sang froid pour suppléer Jeanneau.

Orléans-Vichy. Zach Moss est un monument mais Zach Moss est humain ! Mis K.O. en première mi-temps sur une bataille au rebond, il va laisser ses coéquipiers offrir une "Vichy". Une Vichy ? Oui, une bataille perdue d’avance mais dans laquelle on met quand même tout son cœur, sa force et même celle qu’on a pas. Résultat, Orléans en bafouillerait presque son basket. Avec un Melody-Flowers à leur niveau habituel question adresse, on n’aurait pas donné cher de la peau des joueurs du Loiret. Le score final est anecdotique, Vichy est resté dans la course jusqu’à une ou deux minutes de la fin. Toujours sur les talons de la "Hervé’s band". Un Hervé qui s’est même permis de laisser tranquillement reposer Dobbins pour la finale. Ludovic Vaty semble avoir perdu de sa fougue sinon et puis on a toujours du mal à comprendre que le fils Hervé soit dans le cinq. C’est la règle des moins de 21 ans de la N2/N3 ? Il faut les faire rentrer les Espoirs maintenant ? Non, c’est pas que le petit soit dépourvu de talent, c’est juste que foutre Nichols, même s’il n’est pas à son meilleur niveau, sur le banc pour y placer son fils, c’est... bizarre. Enfin bon, ils ont gagné et quand un coach gagne, il a toujours raison.

Un dimanche de rédemption

J’ai boycotté la finale de la Semaine des As ! Pourquoi ? Non pas parce que j’avais échoué à mes pronostics (j’avais mis ASVEL - Cholet en finale). Non pas parce que ce duel m’avait ennuyé comme jamais un match de basket ne m’avait ennuyé pour le compte de la finale du championnat de France la saison dernière. Pour la simple et bonne raison qu’on n’organise pas une compétition de ce type, cherchant à réunir les spectateurs des différentes équipes en organisant une rencontre un dimanche à 18h45 ! Et quand la rencontre se termine (20h, 20h30), on mange et on rentre. Oui mais tous les spectateurs potentiels n’habitent pas à Lyon. Et tous les spectateurs potentiels sont censés travailler le lendemain matin. Enfin bref, là encore je joue mon ronchon. Ce match, j’aurais bien aimé le regarder mais bon... l’horaire en a décidé autrement.

Tout les observateurs m’ont parlé d’un arbitrage suspect pendant le 3e QT. Je ne sais pas, tout ce que je sais c’est que j’ai perdu mon pari. Un de plus et que je vais devoir aller travailler pendant une journée en tenue de pom-pom girls. Ne jamais sous-estimer le cœur d’un champion disait Rudy Tomjanovich et bien moi je l’ai sous-estimé ! Après Gravelines, je n’aurais pas misé un centime sur l’ASVEL. Ah ce bon vieux Rudy, il disait pas que des conneries ....