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Pro A - SLUC Nancy : Qui s’y frotte, s’y pique

dimanche 5 juin 2005, par Dr Naoun

Le SLUC NANCY BASKET est un ancien du basket venu du fond des âges : il est né d’un patronage comme beaucoup d’équipes de Basket et s’appelait à l’origine La Vaillante St Fiacre, du nom d’une paroisse du Centre de Nancy. Devenu par les lois du hasard le Stade Lorrain Université Club sans vraiment avoir eu de véritables relations avec l’Université, il a gravi un à un les échelons avec la ténacité et le courage qui sied aux Lorrains, sous la présidence d’un homme absolument remarquable, Jean Jacques EISENBACH qui l’a porté à bout de bras, malgré vents et marées, pendant plus d’un quart de siècle. Qu’il soit en nationale 3, dans la petite salle de Nancy-Thermal, devant à peine 300 personnes ou jouant les ténors de la Pro A, JJE y a toujours cru, rêvant de titres, d’Euroligue ou de Coupe Korac, ne ménageant ni sa peine, ni son temps, usant de son influence et de ses relations pour faire grandir le club : rien ne lui faisait peur et il avait envie de tout tenter, de tout faire, depuis l’encadrement des poussins le Mercredi après-midi dans la salle Gebhart jusqu’au moindre match de ses protégés, en passant par la rencontre musclée entre vétérans le Dimanche matin ! Audacieux à l’extrême sur le plan du basket, il était d’une prudence de serpent en matière de gestion : soucieux au-delà du raisonnable de la santé financière de son club, il avait coutume de dire : je ne dépenserai jamais un centime que je n’ai pas en caisse ! Des hommes tout aussi remarquables ont joué un rôle capital dans l’ascension du club, joueurs et éducateurs confondus : on peut leur rendre hommage pêle-mêle : Tank, Jouvenet, Duhaut, Dufraisse, Santini , Mc Bride, Dassonville, Domon, Gorak, Durham, Lewis, Sy, Dubos, Cérase, Julian, le regretté Commandini : on en oublie sur l’instant mais le souvenir de tous reste vif dans le landerneau de la Cité Ducale...On n’oubliera pas le Maire de Nancy, ancien Ministre, le Dr André Rossinot qui a toujours apporté son soutien au club, ni bien sûr les collectivités départementales et régionales qui soutiennent le SLUC dans la mesure de leurs moyens.

Pour ceux non Lorrains qui l’ignorent, NANCY (Meurthe et Moselle) est une des deux principales villes de Lorraine avec Metz (Moselle) : si Metz est la capitale administrative de la Région, Nancy est la capitale régionale universitaire et aussi...la capitale régionale du Basket. Peuplée de 103 605 habitants, la ville de Nancy est au centre de la Communauté Urbaine du Grand Nancy qui compte 410 508 habitants. Ville d’Histoire (Roi Stanislas, Charles le Téméraire ), de culture, Nancy est fière de son Université (2 composantes : Nancy 1 et Nancy 2) qui compte environ 45 000 étudiants avec toutes les Facultés, 7 Ecoles d’ingénieurs prestigieuses regroupées dans l’Institut Polytechnique de Lorraine (INPL) dont certaines uniques en France (Ecole des Eaux et Forêts, Ecole de Laiterie), une Ecole Nationale des Beaux Arts, une Ecole Supérieure des Sciences et Techniques de l’Ingénieur, une Ecole Supérieure d’Informatique et Applications, un Institut Commercial, un premier cycle de l’Institut d’Etudes Politiques de Paris, une Faculté de Médecine adossée à un CHU de 3000 lits, qui emploie 8000 personnes et qui a été désigné meilleur CHU de France il y a deux ans. Pôle Universitaire Européen depuis 1993, Nancy regroupe plus de 1500 chercheurs.

Au début du 20° siècle, c’est de Nancy que part le mouvement de l’Art Nouveau avec l’Ecole de Nancy initiée par Gallé, Daum, Majorelle, Prouvé et Vallin. Parmi les hommes illustres nés à Nancy , on peut citer Jacques Callot, François 1° empereur d’Autriche, Antoine Drouot, Edmond de Goncourt, Emile Gallé, Henri Poincaré, le Mal Lyautey, Henri Cartan, Pierre Schaeffer, Virginie Mauvais et Lefred-Thouron.

Nancy est reliée à Paris par une N4, à Metz , à Sarrebruck et à Luxembourg par une autoroute, à Epinal par une N4, à Strasbourg par une RN et au Midi, par une autoroute. L’aéroport régional Metz-Nancy- Lorraine se trouve à 40 km de la ville et le TGV Est qui sera mis en service en 2006 reliera Nancy, Metz et les principales villes de la Région à Paris, à Strasbourg et à Francfort.

Sur le plan sportif, la ville compte un club de football (ASNL) qui a formé Michel Platini (champion de France, vainqueur de la Coupe de France, champion d’Italie, vainqueur de la Coupe d’Italie, de la Coupe d’Europe des clubs champions, de la Coupe Intercontinentale, de l’Euro avec la France, deux fois demi-finaliste de la Coupe du Monde, meilleur buteur de l’Equipe de France, 3 fois ballon d’or européen, meilleur joueur du monde pendant 3 saisons et enfin co-organisateur de la Coupe du Monde en 1998 ) qui a gagné la Coupe de France et qui vient de remonter en L1 après avoir dominé le championnat de L2. Au chapitre de l’athlétisme, on peut citer Pascal Thiébaut ; du cyclisme, Gilbert Bauvin, ancien coureur du Tour de France ; le water polo avec l’ASPTT, le volley, le hand, le rugby, le marathon de l’Est Républicain, grand journal régional qui soutient le SLUC Basket.

Le SLUC BASKET...

. Le siège du club se trouve 3 rue du capitane Guynemer. 54100 Nancy (sluc.cougars@wanadoo.fr)

. L’encadrement est constitué par son nouveau Président Christian FRA et par son entraîneur Jean-Luc MONSCHAU assisté de Philippe NAMYST.

. Le club dispose d’une nouvelle salle d’une capacité de 6027 places assises qui en fait la troisième salle de Basket de France, après celle de Pau ( 7856) et celle de Strasbourg ( 6094) dont la capacité est peu différente de la salle du SLUC. Le prix moyen des places varie de 6 à 20 €. Le SLUC arrive à la 3° place du championnat PRO A par le nombre de spectateurs (4315), après Pau (5198) et à moins d’une cinquantaine de l’ASVEL (4357).

Le budget du club (3 M€) n’arrive qu’au 10° rang après l’EBPO (6M€), l’ASVEL (5.8 M€), Gravelines (4.4 M€), Chalon (3.7M€), Strasbourg (3.5 M€), Cholet (3.3 M€), le PBR (3.3M€) et Dijon (3.3 M€) comme la population de la ville de Nancy qui arrive à la 10° place en PRO A. On s’interrogera sur Gravelines (12 336 habitants !), sur Chalon (47 338 habitants) et sur Cholet (54 125 habitants)

. Le SLUC Basket dispose de l’équipe de PRO A et d’une équipe Espoirs : la séparation avec les sections amateurs a été faite il y a quelques années créant deux entités : la section professionnelle et la section amateurs.

En PRO A, le club dispose de 13 joueurs dont 6 internationaux et en Espoirs, de 10 joueurs. Un très grand espoir du club ( Moussa Badiane : 208 cm, 114 kg ) est actuellement en NCAA (East Carolina) : au cours de la présente saison, il a marqué 12 pts , pris 8 rebonds, réalisé 2.7 contres et 0.6 interception par match ! Reviendra-t-il en France ou non ? Si oui, ce sera au SLUC...

. Parmi les joueurs qui sont passés au club, on peut citer Mc Bride, Williams, Dassonville, Dubos, Julian, Gomis, Ismaila Sy, Keita, Lewis, Durham, Jouvenet, Santini, Domon, Cérase, David, Kopp, Jennings...

. Au cours de la présente saison, riche en succès, Kirksay a été désigné meilleur ailier de PRO A et Zianveni s’est épanoui au point de séduire Claude Bergeaud qui l’a appelé en Equipe de France A’. En ce qui concerne Vincent Masingue, pilier du club, il est international A à part entière : la FFBB, dans son désir de rigueur et d’équité a établi des règles très strictes pour les internationaux qui sont classés en fonction de leurs résultats dans les grandes compétitions internationales. Parfois, les règles se prennent le pied dans le tapis et on aboutit à des situations courtelinesques ! C’est ainsi que Moiso qui a échoué dans tous les clubs de la NBA où il a joué et qui est finalement sans club est classé en catégorie Elite alors que Vincent qui n’a jamais déçu en équipe de France et qui a toujours répondu présent, est classé dans la catégorie Seniors !!

. Les résultats du SLUC Basket :

- l’équipe PRO A a remporté le championnat de PRO B en 1995, accédant ainsi à la PRO A. Elle a été finaliste de la Coupe de France en 1997. Elle a gagné la Coupe Korac en 2202 et la Semaine des As en 2005.

- l’équipe Espoirs a été championne de France en 2004 ; vice-championne en 2003 et finaliste de la Coupe du Futur en 2003.

- Les Cougars ont réalisé une saison 2004/2005 exceptionnelle et ce malgré les caciques, malgré les médias (n’est-ce pas Mr Dacoury ?), malgré les pessimistes, malgré les défaitistes qui de match en match voyait le SLUC battu et éliminé ? Au jour d’aujourd’hui 03 Juin 2005, le SLUC a battu Chalon de 3 points en match aller à domicile de la demi-finale de PRO A : il a perdu 88/86 à Chalon en début de saison, il a gagné 79/71 à domicile, il a gagné à la Semaine des As 73/65 : bilan : 3 victoires et une défaite de 2 points après prolongations ! Verdict Dimanche 05 Juin : rien n’est joué et une finale cent pour cent Est ( SIG - SLUC ) reste possible . La SIG a gagné les deux rencontres de la saison régulière ( 79/69 et 83/75 ) et le SLUC le match de la Semaine des As ( 82/73 ap ) : difficile...

- La saison régulière a vu le SLUC terminer à la 8° place avec 20 victoires et 14 défaites : il a battu au moins une fois tous les ténors du championnat : Le Mans, l’ASVEL, Chalon, l’EBPO, le PBR, Gravelines : les bêtes noires s’appellent Strasbourg, Le Havre et Cholet.

La moyenne de points marqués a été de 83.7 (meilleure attaque de PRO A) et la moyenne de points encaissés a été 76.5 ( 6° défense de PRO A) : la différence est positive (+ 7.2 points)

Au niveau des différends classements, on trouve Masingue (3° en adresse à 2 points : 62.91%), Mc Clintock (5° en adresse à 2 points : 62.4%) ; 4° contreur : 1.2 contres), De Ron Hayes (5° en adresse à 3 points : 44.3%), Kirksay ( 2° en temps de jeu : 36.2 min ; 2° intercepteur : 2.6 balles volées par match ; 3° rebondeur pour un petit 199 cm : 9 rebonds)

- Le jeu du SLUC est axé sur ses meneurs (Kirksay, Tapiro), sur l’adresse de Kirksay, Bailey et De Ron Hayes, sur le brio de Zianvéni, sur la solidité de Masingue et de Mc Clintock (212 cm), sur la patience et sur la ténacité. L’appoint du banc (Videnov) a été parfois précieux.

Le revers de la médaille : les balles perdues le plus souvent en raison de la fatigue car le jeu n’est pas économique...

. L’avenir du club : même si le SLUC perd la demi-finale ou la finale, ce ne sera pas un drame car la saison est d’ores et déjà réussie bien au-delà des espérances de début d’exercice ! On peut considérer que le club a franchi un cap et que le rêve de JJE (l’Euroligue) n’est pas si absurde : de toutes façons, il a toujours vu plus loin et plus haut que tout le monde ! Le nouveau Président a un sérieux atout : la chance car pour sa première saison, gagner la Semaine des As et se retrouver en demi-finale voire en finale de PRO A est un coup de poker étonnant ! On se rappellera que Napoléon 1° demandait toujours, lorsqu’on lui vantait les mérites d’un officier : a-t-il de la chance ?

Pour jouer dans la cour des grands le SLUC a des atouts : une salle magnifique, un public, des dirigeants compétents et sérieux, un Maire qui est à l’écoute, des joueurs de bon niveau, des espoirs qui promettent...mais il faut que tout le monde tire dans le bon sens :

- le public pourrait être à la fois plus dense et plus assidu : il est vrai que le système de réservations a des progrès à faire et que les jours de match, il est très difficile de stationner aux alentours du parc des Sports Jean Weille !

- les aides des collectivités locales, départementales et régionales doivent faire des efforts supplémentaires car le SLUC est le seul club de basket de haut niveau de toute la Région Lorraine : l’ASGE (PRO B d’Epinal -Golbey) après avoir montré ces dernières années des velléités de montée, semble rentrée dans le rang.

- les sponsors doivent aussi faire un effort : leur rôle est capital car c’est à eux que Chalon et surtout Gravelines ( EDF) et Cholet (Pitch) doivent de sortir de l’anonymat auquel les destinait la taille de leurs cités !

- enfin la question fondamentale qui mérite d’être exposée au grand jour est celle du club de foot (ASNL) qui partage avec l’appétit du lion aides et subventions. L’ère Platini est définitivement terminée : le club soutenu à bout de bras par les collectivités pour survivre doit, pour espérer jouer un rôle en championnat de L1, multiplier son budget par 10 ! Or, il suffirait pour le SLUC de doubler son budget pour se mettre à hauteur de Pau ! Il n’est nullement dans les intentions de personne de minimiser les efforts de l’ASNL en matière de formation et les joueurs comme les dirigeants ont le droit légitime de profiter des résultats d’une excellente saison. Quelle perspective réaliste pour le club : viser les premiers rôles en L2 et continuer son rôle de club formateur utilisant les excellentes installations de la Forêt de Haye : jouer les premiers rôles en L2 peut attirer 13 000 personnes par match ; être dans les bas-fonds fonds du classement de L1 fait retomber cette belle moyenne à 6 000 : on l’a déjà vérifié de multiples fois, notamment lors du départ de Platini à St Etienne.

Une seconde solution infiniment plus intéressante : les deux villes de Metz et de Nancy sont distantes de 55 km : la future gare TGV va être installée à mi-chemin, idem pour la gare routière , idem pour l’aéroport régional qui lui, existe déjà. POURQUOI ne pas fusionner le FCMetz et l’ASNL, construire un stade de 40 000 places près des structures citées et édifier une équipe de foot régionale de haut niveau qui coexisterait avec une équipe de Basket régionale de haut niveau ? Quelles belles équipes : FC Metz-Nancy-Lorraine et BC Nancy-Metz-Lorraine ! On peut toujours rêver mais le rêve de JJE se réalisera : soyons-en sûrs !!!