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Pro A : La SIG championne de France !

lundi 13 juin 2005, par Dr Naoun

Le championnat de France PRO A a rendu un verdict somme toute conforme à la logique de la saison régulière : Strasbourg, troisième, a battu Nancy, huitième, à l’issue d’un match pendant lequel la SIG a été menée jusqu’au 4° quart-temps ; l’écart atteignant même 12 points pendant le 2° quart-temps ! Lors de la saison normale, la SIG l’avait emporté à l’aller comme au retour : la victoire de Nancy lors de la Semaine des As et son parcours en play-offs avait fait espérer une nouvelle victoire mais la chance qui avait souri jusque-là au Président FRA, a décidé de mettre un terme à ses risettes.

LES MEDIAS

- Le championnat de PRO A a bénéficié d’une couverture médiatique inattendue : les médias, mus par l’espoir d’alléchantes rentrées publicitaires, ont suivi comme d’habitude la holà de l’opinion et ont volé au secours de la renommée : le basket tricolore, sauf en ce qui
concerne TPS STAR, n’avait plus l’habitude d’une telle sollicitude depuis la démission du service public, pourtant alimenté par la redevance, dont le rôle est de promouvoir les sports éminemment éducatifs comme le basket, sans se soucier de l’Audimat !

France 3 a fait le minimum pour diffuser le match qui fut mieux couvert par TPS STAR au niveau des séquences d’avant match et des interviews. Cette chaîne qui est la seule à diffuser des matchs du basket hexagonal mérite un hommage : amis du basket, abonnez-vous !

- Les chaînes infos ont largement rendu compte de cette finale : LCI ; Sport+ ; L’Equipe-TV ; TF1 et France 2.

- Les radios ont également rempli leur rôle : France-info ; Europe 1 ; RTL et même Nostalgie...

- Les sites Internet n’ont pas été en reste : Sports-Wanadoo ; lequipe.fr et bien sûr, basketinfo.com

L’AMBIANCE

- Le POPB était plein comme un œuf (14 000 spectateurs) avec une dominante rouge, couleur des supporters du SLUC Nancy : la ville n’est distante de Paris que de 380 km alors que 490 km séparent la capitale de Strasbourg.

- L’ambiance était plutôt sympathique ( le basket ne véhicule ni conflits, ni hooligans ) car les deux villes s’apprécient, se respectent et travaillent ensemble (TGV EST. Recherche. Santé )

L’entraîneur de Nancy, JL. Monschau est alsacien et l’ASNL a été managée il y a quelques années par Arsène Wenger, alsacien, actuellement Head coach d’Arsenal.

- Tous les amoureux du basket étaient manifestement heureux de se trouver là et les dirigeants nationaux du basket (FFBB ; LNB) étaient visiblement fiers que leur sport démontre aux yeux de tous sa popularité et sa bonne tenue : le nombre de licenciés à la FFBB atteint 447 941, ce
qui en fait la 3° fédération après le Football (2 146 752) et le Tennis (1 065 000)

- La finale s’est terminée dans la liesse : les Alsaciens ravis de ce premier titre et les Lorrains déçus bien sûrs mais pas trop car ils savent mieux que personne que le titre de champion n’est pas un aboutissement : il mène à l’Euroligue avec ses équipes grecques, turques, espagnoles, italiennes, moscovite qui dépensent sans compter et
qui vivent à crédit, favorisées de surcroît par des fiscalités plus que tolérantes, des charges sociales parfois inexistantes et des procédés de financement obscurs. Le budget du FC Barcelone (section basket) atteint
115 M€, dépassant celui de l’OL ! A titre d’anecdote, le Président des Blaugrana a engagé il y a trois ans un super-entraîneur yougoslave (Pesic) et lui a demandé de lui dresser la liste des meilleurs joueurs d’Europe : ainsi fut fait ! Pesic coucha sur sa liste Bodiroga,
Femerling, Fucka, Jasikevicius : le Président sortit son carnet de chèques et dit : ok ! j’achète : ces joueurs associés aux Espagnols Navarro, De La Fuente, Duenas et à un Brésilien, Varejao, remportèrent l’Euroligue mais deux ans après, cette équipe est en pleine déconfiture
 ! Le CSKA de Moscou, financé par l’illustre milliardaire, Abramovic (Chelsea), a monté une véritable armada avec 3 joueurs Américains labellisés NBA, 2 Grecs, un Danois, un Estonien et 6 Russes tous internationaux : moyenne de taille : 201 cm ; 5 joueurs à plus de 205 cm ; un de 213 cm et un de 217 cm : aucun match perdu en championnat de
Russie, aucun match perdu en saison régulière d’Euroligue : malgré cela, le CSKA a perdu le Final Four pourtant organisé dans sa salle, terminant 4° derrière le Panathinaikos d’Athènes, le Tau de Vitoria et le Macchabi
de Tel Aviv, vainqueur pour le seconde année consécutive ! Pour illustrer encore les mystères de certaines équipes, on peut citer le cas du Kinder Bologne, ancien club de Rigaudeau et de Ginobili, vainqueur de l’Euroligue : ce club a disparu corps et biens, à la suite d’une faillite aussi retentissante que douteuse !

LE MATCH

- Le premier quart s’engage sur les chapeaux de roue, les deux équipes prenant tour à tour le commandement, Nancy, grâce au trio Tapiro, Masingue et Mc Clintock et Strasbourg, sous l’impulsion de Fajardo et Palmer. Kirksay permet à Nancy de prendre la tête 21-17.

- Le second quart temps est encore dominé par le SLUC qui
enregistre deux tirs primés de Hayes et de Bailey pendant que la défense lorraine cadenasse totalement la raquette. La SIG subit d’autant plus que ses joueurs vedettes, les frères Greer et Mc Cord affichent un basket de play-ground plus qu’un jeu de PRO A. La mi-temps est sifflée
sur le score de 39-28 en faveur de Nancy. On pense alors que le plus dur est à venir pour Strasbourg car Nancy nous a habitués à des derniers quarts temps d’enfer ! Ce quart temps est marqué par l’entrée de Zianveni qui allait être impeccable pendant tout le reste du match, hormis une sortie pour une blessure à l’arcade sourcilière qui a jeté le désarroi dans le camp du SLUC.

- Le troisième quart temps va sonner le réveil des alsaciens à l’image d’Aymeric Jeanneau qui tire à 3 points et provoque des fautes. Jeff Greer revient et marque à 3 points. La défense de la SIG se referme mais Nancy arrive tant bien que mal à maintenir un petit écart : 52-47.

- Le quatrième et dernier quart temps voit son joueur israélien ( Nancy a Tapiro et Strasbourg, Nissim) flamber et inscrire 3 triplés d’affilée, imité peu de temps après par Ricardo Greer et Payne. Mc Cord n’était pas en reste ! Le SLUC cafouille son basket et Strasbourg prend un ascendant définitif pour terminer à un petit + 4 suffisant pour être CHAMPION ! 72-68

LES STATS

. SIG Strasbourg : 28 paniers sur 69 tirs dont 7 sur 25 à 3 points. 9 LF
sur 18. 38 rebonds ( Fajardo : 7 ). 17 passes décisives (
Jeanneau : 6 ). 5 contres. 12 interceptions. 11 balles perdues. 18
fautes personnelles ( un joueur éliminé pour 5 fautes : Jeff Greer :
39° min)

. SLUC Nancy : 24 paniers sur 59 tirs dont 5 sur 19 à 3 points. 15 LF
sur 18. 42 rebonds ( Zianveni : 12 ). 16 passes décisives (
Tapiro : 8 ). 2 contres. 7 interceptions. 18 balles perdues. 18 fautes
personnelles ( un joueur éliminé : Mc Clintock : 39° min )

. Les joueurs les plus en vue et les autres :

- R. Greer ( 14 points dont 2 tirs à 3 points ) : a bien défendu
sur Kirksay et l’a empêché d’avoir son rendement habituel.

- Nissim ( 11 points dont 3 tirs à 3 points à un moment crucial
)

- Mc Cord ( 17 points ) : a bien joué son rôle

- Fajardo ( 9 points ) : a limité les dégâts en début de match
avec Mc Cord et Palmer.

- Palmer ( 4 points ) : présent en défense et au rebond offensif
en début de match, il a disparu ensuite.

- Jeanneau ( 2 points ) : il a eu le mérite de sonner la révolte
au moment où le match semblait plié pour le SLUC.

- Payne ( 2 points ) mais il a permis à Fajardo de souffler.

- Perincic ( 4 points ) : a peu joué ( 5 min ) et tenté sans
succès de marquer à 3 points ( 0/2)

- Zianveni ( 17 points, 12 rebonds ) : le meilleur nancéien :
complet, tir à 3 points capital et réussite aux LF

- Kirksay ( 13 points ) : le New-Yorkais n’a pas paru dans son
assiette : gêné par la hargne de R. Greer, il a par ailleurs pris de
mauvaises options en fin de match qui ont sonné le glas du SLUC

- Mc Clintock ( 12 points , 7 rebonds ) : il a imposé son
physique en première mi-temps puis s’est éteint.

- Tapiro ( 10 points, 8 passes décisives ) : il a souffert du
pressing de Jeanneau et fait de mauvais choix en fin de match.

- Masingue ( 2 points ) : il a été rapidement handicapé par les
fautes ( 4° au bout de 22 minutes ! ) et a perdu son sang-froid. Grosse
déception de la part du capitaine du SLUC et international : il nous
doit une revanche !

- Hayes ( 10 points ) : précieux, il a marque son lot de points
et bien défendu sur J. Greer.

- Bailey ( 4 points ) : a relayé correctement Tapiro pendant 12
minutes.

. Les raisons de l’échec de Nancy :

- la fatigue a joué un rôle sans aucun doute : entame de match tambour battant, course en tête pendant trois quarts temps.

- excès de confiance et peur de gagner après un écart consistant longtemps maintenu.

- défaillance relative ou complète de joueurs-clés : Kirksay, Masingue, Mc Clintock et Tapiro en seconde période

- 18 balles perdues contre 11 et 7 interceptions contre 12

- évaluation globale obérée uniquement par les BP et les
interceptions car au niveau de l’adresse et des rebonds, le SLUC a relevé le défi : 136 pour la SIG et 117 pour le SLUC : la formule de calcul de l’évaluation est la suivante : Eval = (Pts + RB+PD+CONT+INT-BP)

CONCLUSION :

. La SIG est un beau champion qui a apporté de la fraîcheur en mettant fin au ron-ron séculaire : EBPO-ASVEL : sur l’ensemble de sa saison, elle mérite son titre.

Pour l’Euroligue, elle devra se renforcer sérieusement sinon, gare les raclées !

. Le SLUC, en gagnant la Semaine des As et en arrivant en finale de PRO A a largement rempli son contrat. Il jouera la saison prochaine la Coupe de la Ligue FIBA ( C3 ) qui lui rappellera sa participation victorieuse en Coupe Korac. Une étape a été franchie cette année : le club devra
poursuivre sur sa lancée et continuer de construire : il a des espoirs prometteurs et Badiane, s’il revient... Il a aussi une belle salle, un formidable public, un bon entraîneur et des dirigeants sérieux et compétents.

Si tout le monde ( public, collectivités, sponsors ) tire dans le bon sens, l’avenir du SLUC pourrait s’avérer fructueux.