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Elections fédérales : dernière ligne droite

mercredi 10 décembre 2008, par Jérôme Garnier

Mais où est donc passée la 7e compagnie ?

On ne sait pas trop qui joue Tassin ou Pithivier. Toujours est-il que dans une « campagne » où la communication semblait être plus qu’un argument, au point d’en devenir une obsession, certains candidats semblent avoir aujourd’hui totalement disparu des médias basket et généralistes sportifs.

A quelques jours maintenant du scrutin, après avoir analysé par deux fois les forces en présence lors des tome 1 et 2, et après avoir également interviewé A. Serri, candidat au comité directeur de la FFBB, www.basketinfo.com voulait faire un dernier point sur les candidatures, manœuvres et intentions.

Le but ? Essayer de décrypter -très modestement et à notre niveau d’observateur- les intentions et prises de positions des différents protagonistes concernés, qu’il s’agisse de candidats déclarés, officieux, ou de leurs soutiens.

Nous nous étions arrêtés, lors de l’article précédent, quelques jours avant le diner/réflexions organisé au Racing Lagardère à Paris le 2/12. Le casting de la soirée était des plus intéressant : Jacques Monclar, David Cozette, René Le Goff, quelques personnalités issues du haut niveau (Fred Forte, entre autres), ainsi que les différents candidats à la présidence de la FFBB -MM Mainini, Depierre, Dusseaulx et Jugnet-. Si René Le Goff était excusé et remplacé, une sorte de flou régnait autour des absences de MM Dusseaulx, Jugnet et Depierre. Contre toute attente, Yvan Mainini, que nombre d’observateurs considéraient comme futur absent potentiel, était lui bel et bien au rendez-vous.

Cette soirée sera finalement le 1er jour d’un étrange silence radio d’une partie des opposants au président sortant, écho bien faible aux propos retentissants de M. Depierre dans la gazette de Côte D’Or, sur le besoin de changement et d’une communication nouvelle. Si cette « nouvelle com’ » consiste en une disparition pendant une dizaine de jours, c’est pour le moins curieux, et inquiétant de la part de ces candidats. Mais où est donc passée la 7e compagnie ?

Jean-Pierre Dusseaulx fidèle au poste :

L’ancien journaliste reste fidèle à sa ligne de conduite initiale : mailing pesant, permanent et régulier aux clubs, élus, et instances fédérales. Entre la communication, la publicité et la propagande. Son blog reste assez fréquenté, mais si sa candidature intéressait au départ, on commence à voir quelques contradictions ressortir dans ses propos. Si certains projet défendus par ce candidat sont dignes d’intérêt, d’autres sont soit un peu éventés (refonte des championnats, par exemple...), soit sont déjà dans les cartons de la DTN ou de la fédération et prêts à être lancés (évolution du haut niveau, formation du joueur). Pour un ancien professionnel de l’écrit, qui doit sans doute avoir un réseau lui permettant de s’exposer un peu mieux, il est pour le moins surprenant de ne pas le voir agir de manière plus visible. Surtout qu’il revendiquait pour lui une liberté de réflexion, et déplorait surtout un manque de moyens pour diffuser sa bonne parole. Les cordonniers sont les plus mal chaussés.

Yvan Mainini dévoile sa stratégie :

Contrairement à ses « adversaires », Yvan Mainini n’a pas, au départ, été le plus présent dans la presse et sur le net. Force est de constater que depuis 10 jours maintenant, les rapports de force se sont inversés. Avant même d’avoir été interviewé par RMC -moment où il a annoncé Pepu Hernandez comme possible successeur de M. Gomez-, le président sortant a rendu public et diffusé un document pour le moins solide, dont vous pouvez prendre connaissance sur basketnews.net. Seul candidat à avoir sorti une profession de foi de ce genre, sobrement intitulée « bilan et perspectives », la démarche a le mérite d’être soulignée. Le ton est sobre et sérieux. Si l’on ne sera pas forcément d’accord avec tout, Il y a quand même du solide à se mettre sous la dent, tant pour le côté bilan (financier, structurel) que pour les perspectives (sportives, institutionnelles), et les réformes envisageables. A lire, pour au moins se faire une idée de la situation.

F. Jugnet et B. Depierre en clair obscur :

Absents au diner/débat sur le basket français, l’axe Sarthe-Côte D’Or se montre d’une discrétion exemplaire, pour ne pas dire d’un mutisme certain. La sortie fracassante de M. Depierre dans les journaux sur les soutiens politiques de F. Jugnet sont ils la cause de ce silence ? Peut-être. On a entendu, ici et là, certains élus fédéraux locaux s’élever contre une politisation des débats. Clairement, ce manque de rigueur dans la communication des deux candidats leur a porté préjudice, puisque cela a visiblement permis de dévoiler malgré eux leur stratégie de discrétion. F. Jugnet ne s’est toujours pas porté candidat à la plus haute fonction de manière officielle. Depuis sa sortie dans l’Equipe il y a quinze jours, c’est le flou artistique complet autour de sa personne.

Est-il seulement toujours candidat ? Bonne question. Les hasards du calendriers sont amusants, puisqu’il y a quelques jours de cela M. Jugnet, via publication au Journal Officiel, a été officiellement nommé délégué interministériel aux grands évènements. Le silence autour de sa candidature est-il lié à cette nomination ? Difficile à dire. En tout cas, une telle mission pour l’Etat entraîne inévitablement la question -une fois de plus- de la confusion des genres entre hautes fonctions auprès du gouvernement, et présidence d’une fédération qui se doit d’être apolitique. Conflit d’intérêt ? Pas loin...

Petit retour en arrière. Il y a un an et demi, N. Sarkozy est élu. De l’avis de beaucoup, une réforme en profondeur du sport et des filières de formation est dans les cartons. L’objectif final : une remise en question complète du « maillage sportif » -pour reprendre les propos d’Alain Serri (LIEN), avec la disparition progressive du corps des CTS, que l’État souhaiterait, à terme- basculer en droit privé au sein des fédérations. Autrement dit, la libéralisation complète d’un système que tous nos voisins nous envient, avec ce que cela peut comporter comme risques pour le sport français, à moyen terme. Ce projet restera-t-il projet si un proche du pouvoir politique devient président de la FFBB ? Dur à dire...

Et c’est finalement A. Weisz qui remet F. Jugnet au goût du jour, par le biais du journal l’Equipe ! Ne souhaitant visiblement pas s’exprimer seul, après avoir mis M. Depierre sur le devant de la scène, F. Jugnet avance le pion A. Weisz. Entraîneur reconnu du grand public, l’ancien coach de l’EdF masculine se hasarde dans une tirade contre les hommes en place, comme d’autres avant lui. Et comme d’autre avant lui, il a été un jour le premier bénéficiaire de ce prétendu système de copinage. Car oui : si le copinage permet à la DTN de nommer ses hommes comme bon lui semble, alors que dire de sa nomination à la tête des Bleus après Sydney ? Copinage également ? Ou alors tout a changé quand il est parti ? Curieux... Surtout quand c’est une forme de « copinage » avec F. Jugnet qui lui permettrait de devenir DTN si ce dernier était élu, « ami depuis 18 ans », selon ses propres dires.

La critique du système de formation français est également devenu le cheval de bataille des proches de nos candidats, puisque AW s’y risque également. Formation qui aura tout de même permis au club du HTVB d’encaisser 170 000€ suite au départ d’Alexis Ajinça en NBA, soit dit en passant. L’avoir fait jouer principalement lors de la Semaine Des As, après sa saison quasi blanche à Pau, devant les scouts NBA en visite, s’avère donc rentable. Comme quoi, la formation a du bon quand ça arrange également !

L’avantage de laisser les autres parler, c’est qu’il n’est pas nécessaire d’endosser les incohérences de propos. Finalement, au lieu d’aider le basket en rendant les débats crédibles, ces messieurs plombent un peu l’ambiance...

Le rôle d’un DTN :

Là encore, peu de clarté aux yeux du grand public. Les rôles d’un DTN et celui d’un entraîneur sont deux choses bien différentes, n’en déplaise à A. Weisz, et les champs de compétence nécessaires sont éloignés en bien des points. Un peu comme un secrétaire d’État au sport et un ex entraîneur de rugby de haut niveau, en fait. On peut faire semblant de bricoler, mais on est vite rattrapé par la réalité.

Le vécu terrain lié au haut niveau n’est pas forcément la qualité première que doit avoir un DTN. Il se doit cependant d’avoir une connaissance globale de son activité sous tous ses aspects. De grands coaches n’ont pas toujours fait de bons DTN. De plus, la tendance a retrouver, dans certaines petites fédérations, des DTN "tout administratif", étrangers a la discipline sportive n’est en aucun cas concevable dans une fédération comme la nôtre. Car oui, on peut être DTN d’un sport sans ne jamais l’avoir pratiqué !

Un DTN est là, avant tout, pour manager une équipe large de techniciens, ayant pour but la mise en œuvre des politiques sportives au niveau local comme national. Un DTN fait le lien entre le Ministère et la fédération où il est en poste sur différents champs d’action : relations internationales, contrats d’objectifs, les équipes nationales, management des conseillers techniques, etc.

Le DTN s’entoure d’une équipe d’adjoints, comme l’explique l’organigramme présenté sur le site de la DTBN. Organigramme qui permet de se faire une idée de l’aspect très administratif d’une partie des choses, qui ne sont absolument pas spécifiques au basket français. Toutes les disciplines, majeurs ou non, fonctionnement sur ce même type de rouages administratifs.

Un DTN est nommé par le Ministère, sur proposition du président de fédération, et pour une durée de 4 ans, en se calquant sur les cycles olympiques.

Pour être complet ; lorsque l’on parle de DTBN, on parle de direction technique du basket national. Il s’agit bien de la direction technique nationale, structurée comme dans toutes les fédérations sportives.

Prochain DTN ? Prochain président ? Réponse dans quelques jours maintenant... En tout cas, si la logique Laporte se poursuit, et même si YM est réélu, JPDV pourrait ne plus être de l’aventure à la tête de la DTBN.