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Interview : Deux agents nous parlent de leur métier

samedi 25 mars 2006

Ils ont souvent une lourde étiquette collée sur leur front et les histoires douteuses autour des agents sportifs restent courantes. De plus en plus réglementé, le métier d’agent tente de se donner une nouvelle image. Oliver Mazet et Ayité Ajavon, deux jeunes agents, nous parlent de leur métier et de leur façon de travailler.

Basket Info : Depuis quelques années le métier d’agent est beaucoup plus réglementé. Est-ce devenu plus difficile désormais de devenir agent ?

Ayité Ajavon : Je ne parlerai pas vraiment de difficulté pour devenir agent. Mais je trouve que le passage de la licence permet d’aborder des points qu’au début de la profession on ne connaîtrait pas sans avoir passé cette licence. Et puis le métier d’agent véhicule une mauvaise image avec les faux agents... Je pense qu’aujourd’hui grâce à cette réglementation, la profession est assainie.

Basket Info : Mais les "faux agents" existent encore, on a pu le voir avec l’histoire autour du transfert d’Alain Koffi...

Ayité : Ca existe partout les faux. Il y a des gens partout qui veulent se faire de l’argent sur le dos des gens. C’est malheureux mais c’est comme ça.

Basket Info : Maintenant que la limite du 28 février est enfin arrivé, est-ce les agents sont en vacances ?

Olivier Mazet : On est rentré dans la période où on va préparer l’inter-saison. Pour savoir quel club va avoir besoin de quel type de joueurs. Et quel type de joueurs veut jouer dans quel type de clubs. On prend la température du marché pour préparer au mieux la période de transferts qui va arriver très rapidement.

Basket Info : Et quel est votre sentiment par rapport aux différents transferts qui ont troublé le championnat ?

Ayité : C’est dommage que le championnat ne soit pas du même niveau à un instant T1 et à un autre instant T2. Un changement ? C’est aux instances de la ligue de décider, mais si on demande l’avis des agents pour trouver un compromis, je serais ravi de donner le mien.

Basket Info : Est-ce que vous scoutez beaucoup durant l’année ?

Olivier : On est des gros consommateurs de matchs de basket. On doit être conscient de la différence entre chaque niveau. Je pense qu’il est aussi important de voir un joueur plusieurs fois pour vraiment cerner son niveau.

Basket Info : Quelle est la différence entre un bon agent et un mauvais agent ?

Olivier : Je pense que le bon agent va privilégier l’aspect humain. Il y aura un meilleur suivi du joueur. Un bon agent pourra, en plus du travail sportif, s’occuper d’autres choses pour son joueur.

Ayite : Moi par exemple je m’occupe de l’image de certains joueurs. S’occuper d’un suivi juridique, d’un placement de patrimoine. On peut aussi s’occuper aussi de trouver un coach personnel pour le joueur.

Olivier : Et puis, je pense qu’un bon agent cherchera en permanence le meilleur compromis entre son joueur et le club.

Basket Info : Si un de vos joueurs a une proposition d’un club comme Bourg en Bresse (gros temps de jeu) et une autre de Pau (faible temps de jeu, salaire plus élevé), quelle sera votre position ?

Ayite : Tout dépend du joueur. Si c’est un jeune joueur, qui veut montrer son talent et acquérir de l’expérience, le choix se porte naturellement sur Bourg. Après si c’est un joueur avec de l’expérience qui a une longue carrière derrière lui, je pense que Pau est la bonne solution.

Olivier : C’est clair qu’un jeune devra aller dans un club où il aura du temps de jeu pour pouvoir s’aguerrir et se montrer. Après ça dépend du joueur et ses objectifs. Je pense qu’un jeune avec un potentiel NBA se tournera plus vers un club comme Pau.

Basket Info : Quelles ont été vos motivations pour devenir agent ?

Olivier : Pour moi en fait, c’était le meilleur moyen de rester dans le monde du basket. A un moment je me suis posé la question pour savoir ce que je pourrais faire et avec les qualités de relations humaines, le sens du contact que j’ai, j’ai décidé de me lancer dans ce métier.

Ayite : De mon côté, quand j’étais un jeune joueur, personne ne m’a aidé dans mes choix de carrière et je l’ai regretté. Donc j’ai voulu apporter ce que je n’ai pas eu, à des jeunes joueurs.

Basket Info : Lors d’une négociation entre un joueur et un club, vous êtes une sorte de médiateur. Est-ce que cette position est difficile à gérer par moment ?

Olivier : On est là pour trouver le meilleur compromis pour le joueur et pour le club. Mais il ne faut pas oublier qu’on est l’agent du joueur. J’ai un exemple avec un de nos joueurs. Vladimir Bogojevic a eu une offre d’un club de Pro A, mais par rapport au standing du joueur on n’a pas trouvé l’offre financière convenable. Il y a deux ans il jouait en Euroleague avec l’ALBA Berlin. Les relations avec les dirigeants du club se sont très bien passées, mais nous décemment on ne pouvez pas négliger son niveau et son palmarès.

Basket Info : Par rapport au renouvellement des jeunes, quand vous voyez Pau-Orthez qui engage Alvin Sims comme pigiste médical alors qu’ils ont Souarata Cissé sur leur banc...

Ayite : Pau a fait une saison en deçà de leur habitude l’année dernière. Cette année, ils ont donc plutôt cherché l’expérience pour assurer et ne pas prendre de risque. Pour respecter l’image qu’on a l’habitude d’avoir de Pau. Nous, nous ne sommes pas l’agent de Souarata, on ne sait pas ce qui passe exactement à Pau mais c’est clair que c’est dommage pour son développement.

Basket Info : Le métier d’agent est très concurrentiel mais est ce qu’ils vous arrive de travailler ensemble ?

Ayité : Dans notre cas, Olivier et moi on a chacun notre société (Olivier : MazBasketBall Agency ; Ayité : Bemavo Corporation), mais on travaille de plus en plus ensemble et nos deux sociétés ont quasiment fusionné.

Olivier : En fait, on travail en parfaite symbiose pour répondre à la demande le plus rapidement possible en alliant nos forces.

Basket Info : Si Didier Rose n’avait pas été agent, personne ne connaîtrait un seul agent...

Ayité : Euh... Il y a des agents qui font un travail conséquent et qui sont reconnus dans le monde du basket.

Olivier : Bien sur Didier Rose il a fait parler de lui mais plus d’un point de vue pénal qui a attiré l’opinion publique. Mais encore une fois, dans le sport il y a des bons agents qui font un bon travail et si certains joueurs jouent au top niveau actuellement, c’est en partie grâce à ces agents.