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EuroChallenge : Pas de finale pour Roanne

vendredi 30 avril 2010, par Aurélien Hipp

Partie trop vite (17-37 au bout de 14 minutes), la Chorale de Roanne n’a pas su résister à la furia allemande(encore fallait-il dénicher un joueur allemand dans la salle) et aura fini par complètement craquer sous la pression de la salle la plus chaude du pays. Porté par un arrière US au physique pourtant banal mais au talent redoutable, Taylor Rochestie, 27pts, Göttingen est en final de son Final Four

Si le choix de la FIBA de confier l’organisation à Göttingen pouvait interpeller, les locaux se sont chargés de faire de l’événement une belle fête. Göttingen, c’est une petite ville lambda... mais une salle avec 3000 fans debout qui chantent pendant 40 minutes. Alors bien sûr, ce n’est pas l’Aris Salonique mais il y a tout de même de quoi tirer profit d’organiser le Final Four de l’EuroChallenge à domicile.

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La "Lokhalle" de Göttingen, ancienne usine

Malgré le relatif anonymat médiatique de la compétition (l’avis général est que ça n’intéresse personne ou pas grand monde, à commencer par les diffuseurs télés), force est de constater qu’on a pu lire ça et là un bon nombre d’informations sur Göttingen, que Roanne affrontait pour cette seconde demi- finale. Par exemple , ce fameux « guard terror », la pression défensive tout terrain mise sur les arrières adverses était un schéma tactique connu au jour du match. Ou alors les rotations incessantes effectuées par John Patrick, le coach des Violets locaux. En effet, ce dernier semble ne jamais effectuer un changement à la fois, mais envoie systématiquement 2 ou 3 joueurs d’un coup sur le terrain. La salle, enfin, cet ancien hangar à locomotives qui dit-on fait penser à une usine. En fait, c’est bien plus que ça, on s’y croirait vraiment et on ne peut pas dire que tout ait été fait pour maquiller cet aspect -là, à commencer par les zones derrières les panneaux.

Ainsi, la Chorale n’arrivait pas en aveugle pour défier cette équipe allemande qui a fait si mal à Gravelines en poules. Face à un roster qui aurait donné des insomnies à un supporter choletais (y’a-t-il un allemand sur la feuille de match ?), Roanne avait eu de quoi préparer son affaire. C’est le seul autochtone de la feuille de match qui lance les hostilités par un tir à 3pts( pas une grande surprise au vu des stats moyennes et de l’échauffement du garçon), suivi d’une réponse immédiate de Dylan Page. Plutôt à l’aise face à la press tout-terrain allemande, la Chorale, furtivement distancée par un élan d’euphorie de Rochestie (2 tirs à 3pts) 13-10, va rapidement faire valoir ses qualités. Finalement, on se dit que Roanne a justement tout à fait le profil pour gêner cette équipe allemande, courte sur pattes à l’intérieur et misant sur l’étouffement des arrières adverses. Et ce qui marche en Bundesliga a évidemment plus de mal à fonctionner face à Uche Nsonwu (4pts et 3 fautes provoquées au premier quart-temps), David Noel (plus athlétique que tout le BG Göttingen réuni), ou le tandem Amagou-Diabate , eux aussi montés sur des ressorts qu’on ne trouve pas tous les week-ends au Aldi du coin. Résultat, la Chorale fait le trou (16-26) , et comme pour ne rien gâcher l’adresse à 3pts est présente (3 tirs consécutifs par Page, Noel et Lewis), l’écart monte jusqu’à 20pts. La conséquence également du jeu produit par une équipe de Göttingen étonnamment entêtée dans un schéma tactique sans génie (la press tout -terrain aura finalement coûté 11 fautes et 14 lancers francs aux locaux dans le seul premier quart-temps !!!).

Malheureusement, il est bien connu qu’un match de basket récompense rarement une équipe qui part trop vite . De 20pts, entre mauvais choix et plus de lucidité côté allemand , l’écart chute à 13 à la mi-temps, pas si cher payé pour une équipe locale qui aura shooté à 9/34 en 1ere mi-temps et subi l’impact athlétique (4 interceptions et 7 contres à la mi-temps) d’une équipe roannaise sereine malgré son effectif version courte.

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Le tour d’honneur de Taylor Rochestie, MVP du match avec 27pts

Jean-Denys Choulet savait-il que son adversaire du jour avait remonté 22pts de retard face au champion en titre Oldenburg ? On se demande bien ce qui a pu se passer dans les vestiaires mais c’est un tout autre match qui commence. Le cocktail d’ingrédients pour réussir à nouveau cette performance ? Une défense plus intelligente concentrée sur demi-terrain, mais moins sanctionnée aussi par des arbitres subitement moins tatillons, des joueurs de Roanne qui finissent par payer le fait de jouer à 7, un US adverse énorme (Taylor Rochestie inscrira 13pts dans le 3e quart-temps) et une salle qui explose. La Chorale vit un véritable cauchemar et se retrouvée menée de 6pts (57-51) à l’entame du dernier quart-temps conclu sur un terrible 29-10.
Cet écart concédé avec un Dylan Page soudainement absent dessine un scenario peu favorable pour Roanne, qui parait avoir craqué sous la pression perpétuelle de la défense allemande. Et pourtant c’est le moment que choisit Page pour revenir dans le match et inscrire 8pts et retourner la situation.

Le seul hic, c’est que Roanne finira aussi mal le 4e quart-temps que le 3e, lui-même déjà achevé sur un triste 12-0. De 60-66, sur un nouveau panier de Rochestie, puis 2 flèches à 3pts de Kulawick, qui shoote encore moins à 2pts que Benoit Georget, pour finir dans la folie furieuse d’une belle ambiance à l’allemande, le score passe à 77-67.

Triste deuxième mi-temps pour Roanne, mais bonne nouvelle pour la fête ici et l’ambiance annoncée pour la finale. Alors que la salle se transforme en boite de nuit géante pour la soirée officielle du Final 4, Jean-Denys Choulet et ses hommes devront trouver la motivation pour affronter Pesaro pour la 3e place . Un match sans grand intérêt dont on pressent qu’il devrait ressembler aux affrontements insignifiants qu’on a l’habitude de voir pour la troisième place de l’Euroligue. Reste la fin de saison, un effectif plus complet (Mamoutou Diarra n’était pas qualifié pour la FIBA), et personne avec l’avantage du terrain, voilà qui devrait mieux convenir à Roanne et Jean-Denys Choulet.

Réactions

Dylan Page (19pts 5 rebonds) : Un match très difficile, avec bcp de rebondissements . La salle est un atout énorme pour l’équipe ici. Nous avons plutôt bien commencé en attaque mais fini par commettre trop d’erreurs en attaque comme en défense. Ca ne passait pas dans ces conditions.

Jean-Denys Choulet : Un match très difficile, mais je pense que l’avantage du terrain joue énormément. Chez nous, le résultat aurait surement été différent. Nous les avions bien scoutés, nous savions qu’ils exerçaient une grosse défense pendant tout le match . je suis satisfait de l’arbitrage car il fallait oser siffler toutes les fautes, surtout en première mi-temps. Cela dit, nous avons 2 joueurs blessés et c’est compliqué de lutter dans ces conditions. J’ai d’ailleurs 3 choses à dire pour conclure :
1/je trouve stupide de ne pas pouvoir remplacer un de mes meilleurs joueurs qui s’est cassé la cheville. Ensuite, je trouve qu’une équipe qualifiée ne devrait pas pouvoir organiser le final four. Nous avons perdu 2 fois dans ces conditions, et on devrait pouvoir aller au bout sans avoir à se battre contre quelque chose qui n’est pas équitable. Enfin, les règles ne sont pas les mêmes pour tout le monde. Ils ont 8 américains, et nous 4. Je n’ai pas vu beaucoup de joueurs allemands sur le terrain ce soir.