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Bilan ProB 03/04 - Episode 9 : Brest

mercredi 7 juillet 2004, par Aurélien Hipp

Clermont et Châlons ont gagné le droit de jouer à l’étage supérieur la saison prochaine, coiffant ainsi d’autres équipes ambitieuses, dont la liste s’allonge chaque année. Basket Info vous propose une rétro de la saison équipe par équipe. Petit coup de projecteur sur une division qui mérite qu’on parle d’elle, et pas seulement en programmant ses matches le vendredi... Aujourd’hui : Brest(8e/16) avec 15 victoires pour 15 défaites.

Fini le temps des rosters qui prennent 3 pages à Brest. La saison de l’équipe bretonne se distingue par la relative stabilité qu’a enfin connue le club, saison qui se solde par une qualification en playoffs, la 2ème en 6 années. Seule la période de préparation a finalement vu quelques bouleversements dans l’effectif, puisque les deux US annoncés (Joe Hooks et Nate Higgs) ne joueront pas la moindre seconde pour l’Etendard. Le profil initial de l’équipe (Higgs et Hooks jouent respectivement 4 et 5) se trouve sensiblement modifié puisque des postes 2 et 3 débarquent ( Gardner et Waters). Le reste du roster, drivé par la famille Vérove, est une base française talentueuse, mais limitée en nombre. Comme toujours, Brest fait des paris et comme toujours, ceux-ci s’avèrent payants. Si Storozynski ne reste qu’une moitié de saison dans le Finistère, il aura rendu énormément de services et aurait pu faire un beau MVP s’il n’avait pas cédé aux sirènes italiennes. Il sera remplacé par Stephen Brun, revanchard après deux années médiocres en ProB (Mulhouse, puis Nantes). Sortant de quelques mois dans un championnat suisse qui lui aura permis de reprendre confiance en lui, Stephen évoluait là bas comme la star de l’équipe, avec tout ce que cela comporte. Sur les 12 matches qu’il joue avec sa nouvelle équipe, Brun améliore son image, et sera à nouveau de la partie avec l’Etendard la saison prochaine, encore sous contrat pendant un an. Gary Chathuant, déclaré à la draft cette année, est lui aussi toujours là, et continue sa progression. Ce poste 3 très athlétique devrait rester encore une année au sein de l’écurie des Vérove, avant de vraisemblablement voler de ses propres ailes en ProA. Enfin, Jérôme Schmitt a coupé le cordon ombilical avec la SIG, et aura prouvé en une seule saison de ProB qu’il peut jouer à l’étage supérieur. Il jouera à Bourg en Bresse l’an prochain, avec un temps de jeu sûrement inférieur cependant. Tout ce petit monde est dirigé par Pascal Perrier-David, pour certains le meilleur meneur de ProB, mais assurément le plus spectaculaire. Adepte d’un jeu à risques très rapide, il est à directement à l’origine de la bonne saison de joueurs qui sont venus se révéler ou se relancer à Brest (Brun Schmitt, etc...).

Même emprunte de stabilité, une saison sans pigistes à Brest n’est pas une saison réussie :-), un mot rapide sur ceux qui auront foulé l’une ou l’autre fois le parquet sous le maillot brestois : Bomayako sera venu faire une pige honnête de 4 matches (12.2pts) et terminera sous le maillot du SQBB en playoffs. Tony Moore, ancien joueur du club sera venu donner un coup de main (2 matches), et Kevin Frey, présent lui pour 3 matchs et essayé par Nantes en début de saison , sera reparti sans laisser un grand souvenir. Au gré des blessures ou réajustements de l’effectif, d’autres joueurs font encore leur apparition : BJ McFarlan, la pile électrique déjà vue à Mulhouse est l’auteur d’une pige excellente (19pts 8rebds 1.8co, et... 8 tirs ratés en 4 matches), et DeeAndre Hullett, dont on peut se demander ce qu’il est venu faire en ProB (il s’agit d’un joueur de A1-Italienne tout de même), confirment que les brestois disposent d’un bon réseau de recrutement pour les US. Dernier arrivé, la bonne surprise Tenngrenn, 15pts 6.8rebds pour le finlandais, que l’on pourrait retrouver en France en 2004/2005.

La saison démarre par 2 échecs, le premier à domicile devant St Etienne (il fait meilleur prendre Brest en début de saison, plus tard c’est de plus en plus dur). Le premier succès intervient contre Evreux, sur un score qui résume statistiquement parlant la saison des Brestois (98-93), la meilleure attaque pour la plus mauvaise défense ou presque. D’une manière générale, l’Etendard se surpasse à domicile contre les grosses équipes, puisque Rueil, Epinal, Clermont, SQBB, Rouen mordront la poussière. Paradoxalement, Beauvais, Nantes ou Maurienne viendront elles s’imposer en Bretagne.

A l’issue d’un championnat à 4 lors de la dernière journée avec Mulhouse, St Etienne et Rouen, Brest termine 8e et s’offre le droit d’affronter Besançon. Une série perdue, mais houleuse et pleine de rebondissements. Brest s’impose en effet de 20pts au match aller, et met directement la pression sur le BBCD, qui sait d’avance qu’on ne survit que rarement aux barrages lorsqu’on est une équipe de ProA .Au match retour, 2 fautes disqualifiantes, des techniques à la pelle envoient Jelani Gardner, YM et Jimmy Vérove aux vestiaires. S’inclinant de seulement 11pts dans ces conditions, les joueurs brestois sont, en plus des suspendus, privés de Pascal Perrier David, rentré à Brest pour raisons personnelles. Menés d’un point seulement à la mi-temps, ils sombrent logiquement en seconde pour s’incliner 104-67. Avertissement sans frais pour le BBCD qui restera peu glorieusement à quai contre Rueil au tour suivant.

Stephen Brun étant certainement l’un des premiers joueurs hors Verove à rester au club d’une année sur l’autre, il fera partie de l’effectif et évitera au club de devoir reconstruire totalement. Schmitt s’en va, les deux US vraisemblablement aussi (quoique Waters...). Reconstruction pas complète donc, mais reconstruction tout de même, ce qui donnera à Jimmy Vérove l’occasion de s’adonner à son nouveau passe-temps favori : le recrutement.

Satisfactions :

La nouvelle chance donnée à Stephen Brun, une opportunité que ne regrettent ni le joueur ni le club. Joueur au caractère par moments difficile, ce qu’il aura confirmé parfois en Suisse, il n’en reste pas moins talentueux et aura trouvé un terrain d’épanouissement en Bretagne. La bonne raison réalisée par l’axe 1-5, PPD-Schmitt. Le dernier se sera régalé des bonnes passes du premier, lequel aura effectué un très bon retour en ProB. Il ne reste cependant pas au club, puisqu’il a signé un pré-contrat avec Maurienne, ce qui le rapprochera de sa famille. La confirmation de Gary Chathuant, peut-être pas au point de s’inscrire à la draft, mais qui compte désormais parmi les meilleurs français de ProB. Enfin, le recrutement des US, puisque Jelani Garnder termine meilleur marqueur de ProB, tandis que Darrell Waters aura brillé par sa polyvalence. De plus, les pigistes ayant été globalement de bonne qualité, le filon brestois ne s’épuise pas.

Déceptions :

La désagréable impression laissée par la série de playoffs contre Besançon. En cause ou pas, les brestois sont à nouveau au coeur d’un problème disciplinaire. Eux qui, cette année, avaient partiellement effacé l’image parfois trouble véhiculée ces dernières saisons auront vécu des derniers jours agités lors de cette saison 2003-2004.
En lien direct, l’impression que peut-être Brest aurait pu aller plus loin...
Par moments,l’individualisme et le comportement des US, notamment Waters, certes frustré mais auteur de gestes déplacés à Besançon.

Objectifs :

Accrocher les playoffs, parfois miraculeusement, semble être le mot d’ordre de chaque saison qui débute en Bretagne. Il faudra encore reconstruire un effectif capable d’atteindre cet objectif, mais dire que le staff Brestois en a l’habitude est un euphémisme. A partir de là, aucune raison pour que la bande à Vérove ne refasse pas le même coup l’année prochaine.

Demain : Saint-Etienne