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Pro A : 24 heures avec le MSB

jeudi 27 avril 2006, par Christophe Blandin

Article publié dans le REVERSE n°5 - actuellement en kiosque

TEXTE : XAVIER d’ALMEIDA / PHOTOS : SEBASTIEN RANDE/ZARMA

Depuis quelques années, une équipe impose son style athlétique et enthousiasmant sur la ProA. Plongez au cœur de ce groupe excitant pendant les 24 heures qui précèdent un match.

17 h 30

Après avoir passé deux heures avec les espoirs, Nicolas Batum change de salle. L’espoir le plus prometteur du MSB, qui a signé son premier contrat il y a deux jours, va maintenant s’entraîner avec les pros. On entend encore les éclats de rire d’Eric Campbell qui a vu arriver Jermaine Guice avec une superbe affro.
Dès son entrée sur le terrain, Vincent Collet montre son souci du moindre détail. Il fait fermer les portes pour éviter le coup de froid, et l’échauffement commence sans un bruit. On entend juste JD Jackson plaisanter sur l’état de propreté très moyen du parquet. Campbell fait déjà admirer sa détente.
Premier exercice : une série de 1vs1 tout terrain. L’atmosphère est plus détendue et quelques vannes fusent. Collet s’y met aussi : « eh, Bokolo, quand même.... ». Malgré la bonne humeur personne ne veut perdre le moindre affrontement.
Au moment des étirements, c’est un des plus jeunes, Yannick Bokolo, qui dirige la manœuvre. Sans doute un moyen de responsabiliser encore plus celui qui va être amené à prendre un rôle de leader dans le collectif manceau.

18 h 00

Vincent Collet rappelle ensuite les systèmes du lendemain dans un franglais efficace. Deux équipes de 4 s’affrontent pendant que sur l’autre panier, deux joueurs révisent leur gamme de shoot. Quand c’est le tour de Guice et Gregory, on entend quelques « Damned ! » qui fusent. Sur l’autre cercle, on assiste à un vrai jeu de rôle. Besok, par exemple, est Pat Durham et mime les mouvements de l’ancêtre havrais.
Le travail est intense et souvent centré sur le danger Mahimmi. « Attention, n’allez pas trop près, sinon, il vous embarquera en vitesse. Il faut le laisser à une distance d’un bras pour qu’il soit indécis », explique calmement Collet.
Le coach manceau rejoint ensuite Bokolo et Amagou pour un travail sur la défense individuelle. On sent leurs différences de caractère et de jeu. Pape est physique, il défend très près de son adversaire pour l’étouffer tandis que Bokolo est plus dans l’anticipation et la vitesse latérale. Collet se met entre eux et mime la position parfaite au millimètre.

18 h 45

Fin officielle de l’entraînement. Vincent Collet se place au milieu de ces joueurs dans la raquette pour le speech de fin de journée. « We can’t do less defense than what we did last time. Si on joue tous ensemble, on sera redoutable. We’ve got to be together ! We’ve got to be hungry ! One, two, Three, ensemble ! »
Mais ce cri de guerre ne sonne pas la fin de l’entraînement pour tout le monde. Collet continue de faire bosser Amagou et Bokolo.

Pendant ce temps, Campbell enchaîne par un petit show : « mise en scène d’un shoot décisif et dunk de folie avec un pump à deux mains descendu au niveau des hanches ». Bokolo, de son côté balance une brique. Normal après les enchaînements qu’il vient de s’enquiller. Mais comme Amagou lui lance : « Yannick, tu ne peux pas finir comme ça ! Impossible ! », on sent que l’affaire n’est pas terminée.

19 h 15

Après quelques nouveaux shoots, Gregory, Campbell, Bokolo, Amagou et Koffi traitent LA grande question du jour : Iverson fait-il un porté de balle sur son cross ? On se croirait sur basketsession. Campbell règle tout ça définitivement en affirmant, convaincu devant Yannick qui continue ses imitations moqueuses : « peut-être que même Jordan faisait marché en contre-attaque, mais les gens payent pour voir des dunks ! ». Incurables ces Ricains.
Quelques minutes plus tard, Vincent Collet nous propose de le rejoindre dans les nouveaux locaux du MSB, une sorte de préfabriqué bleu posé devant Antarès. Mais à l’intérieur, canapés tout confort, télé grand écran et, posé bien en évidence sur la table, le trophée de la Semaine des As, fraîchement gagné.

10 h 10

A peine a-t-il posé son premier dribble sur le parquet qu’Alain Koffi est immédiatement pris à part par son coach. Le travail porte sur une série de petits hooks. On le sent, il faut remonter subtilement la bête pour le grand duel du soir.
Comme souvent, Philippe et Yannick shootent et discutent ensemble. Mais pour eux aussi c’est l’heure de refaire des gammes. Aujourd’hui, les efforts sont portés sur le dribble. Collet se plie encore en deux pour mimer le geste parfait pendant qu’autour du parquet, des employés de la salle passent l’aspirateur sur la moquette.
Ce shooting illustre parfaitement les paroles du coach, la veille. Une moitié de terrain est dédiée aux exercices des jeunes, alors que de l’autre côté, les anciens shootent paisiblement. Dans cette configuration, le travail de Pierre Tavano, l’assistant, est décisif. Il prend le relais du coach, relance la balle sans relâche et ré-explique les systèmes qu’il connaît comme personne.
On se demande pourquoi Ivan Krolo, l’autre jeune, n’est pas intégré à cette séance, mais Yannick nous rassure : « Aujourd’hui Vincent ne fait pas trop bosser Ivan, mais souvent, on arrive le matin et il est déjà là en sueur. Et ce sera bientôt le tour de Nicolas. On y passe tous », raconte-t-il avec son sourire à la Yannick... Noah.

11 h 02

Dernière révision des systèmes. « Après, ceux qui veulent partir peuvent y aller », annonce le coach. Très vite, Besok et JD s’esquivent pour ménager leur vieille carcasse. Guice et Campbell continuent quelques shoots en riant, surtout quand Jermaine gratifie la salle de quelques lyrics R’N’B.
Sur l’autre panier, Koffi fait encore l’objet de beaucoup d’attentions. A notre grande surprise, c’est maintenant sur les 3 points qu’on le fait travailler. C’est dingue les progrès qu’a fait ce type ces deux dernières saisons.
Quand la régularité des séries faiblit sous le poids de la fatigue, coach Vincent donne un objectif ambitieux à son intérieur : 7/10. Et pour le pousser encore plus, il décide de transformer l’exercice en défi. Collet se colle donc derrière l’arc et montre à tout le monde que l’adresse ne s’oublie jamais. Il s’arrête à 7/8, magnanime. Koffi, remonté, enchaîne et parvient au chiffre demandé. Fier, le bonhomme.
Tout le monde part à la douche. On les entend chanter et ils passent dans les couloirs en rigolant, la serviette autour de la taille. Il faudra d’ailleurs qu’on nous explique un jour pourquoi les portes des vestiaires de basket sont aussi basses que les autres...

13 h 00

Yannick sort enfin de la salle de massage où il soignait son genou et reste quelques temps pour raconter comment il vit ces entraînements.

« Moi j’adore venir m’entraîner. Au début, on partait tout de suite, mais Vincent nous a un peu recadrés, et maintenant, on ne sait jamais quand on va finir.
Vincent prend beaucoup de temps pour nous. On a des entraînements optionnels le matin. Enfin optionnels pour tout le monde mais un peu obligatoires pour nous (rires).
C’est vrai qu’on a un peu l’impression de travailler dans le vide, mais on assimile les gestes travaillés à l’entraînement très progressivement. En ce moment, par exemple, Vincent me demande d’essayer de m’arrêter dans la raquette sans toujours sauter vers le cercle. Avant, je ne le faisais pas du tout ou alors ce n’était pas naturel. Depuis quelques matches, je le fais s’en m’en rendre compte.
Parfois on aimerait faire autre chose que l’entraînement, pour ne pas avoir l’impression d’avoir que le basket dans la vie. Mais comme on a besoin de ça pour bien jouer le week-end, on s’y fait.
Et puis on est une vraie équipe, ce n’est pas comme s’il y avait les Américains d’un côté et les autres joueurs de l’autre. On sait qu’on va venir le matin et voir des gens de bonne humeur, qui sont contents d’être là. Ça motive.
Les deux jours avant un match, on fait plus attention, on ne fait pas trop de muscu et surtout on essaye de faire une plus longue sieste. Parfois on visionne une K7 mais surtout on se concentre sur les duels qu’on aura individuellement le soir. »

- Retrouvez la suite des 24h du MSB dans le magazine REVERSE n°5, actuellement en kiosque

- Retrouvez la vidéo "Inside MSB" réalisée par l’excellent site officiel du MSB sur les coulisses du match Le Mans - Le Havre du 10 mars dernier (vidéo au format wmv de 94,5 Mo)