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Euroligue : La chute d’un géant

jeudi 4 mars 2010, par Vianney Pannet

Le champion d’Europe 2009 ne conservera pas son titre, c’est une certitude depuis une semaine maintenant. La nouvelle défaite du Panathinaikos dans sa salle face à Barcelone a sonné le glas des espoirs restants. La fin d’un cycle pour cette équipe qui a tout gagné. Pas moins de 4 titres européens, 9 titres de champion de Grèce et 6 coupes nationales dans les années 2000. Ne cherchez pas, il n’y a pas d’équipe plus dominatrice, tous sports masculins confondus durant la même période.

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Mike Batiste

Quatre défaites en autant de matchs joués lors du top 16, incroyable. L’équipe de Zeljko Obradovic, l’entraineur le plus titré sur la scène européenne (7victoires en Euroligue avec 4 clubs différents) était pourtant grande favorite à sa propre succession avec l’ogre barcelonais. Il faut dire que l’effectif, encore aujourd’hui, et malgré l’élimination, laisse rêveur. Le pivot aux mouvements incroyables et aux mains d’or Nikola Pekovic et son musculeux compère Mike Batiste, l’élégant shooteur Antonis Fotsis et le besogneux Kostas Tsratsaris sur le poste 4 et que dire des lignes arrières... les deux meilleurs défenseurs européens, Dimitris Diamantidis (élu 5 fois de suite meilleur défenseur de l’Euroligue) et Stratos Perperoglou, les scoreurs Drew Nicholas et Vassilis Spanoulis, le tout drivé par la plus active des cheerleaders, Sarunas Jasikevicius... a priori, on ne fait pas mieux, mais aucune équipe n’est à l’abri des blessures. Tous ont été contraints à déclarer forfait pour un ou plusieurs matches au cours de la saison. Accusant régulièrement un manque de condition physique, ils n’ont pu permettre à l’équipe de dérouler ce jeu à la fois si plaisant à regarder en phase offensive et étouffant défensivement.

Ce jeu léché, le Roannais s’en souviennent, ils en avaient fait les frais, encaissant pas moins de 123 points en novembre 2007. C’est désormais de l’histoire ancienne. L’alchimie n’est plus cette saison, à l’image d’un Nick Calathes perdu au sein de cette équipe. Le natif de Floride, déjà transparent avec la sélection grecque cet été, a traversé la saison tel un fantôme, enchainant mauvais choix sur mauvais choix.

En ce début de mois de mars, l’addition est lourde. Une défaite face au Partizan passe encore, même s’il est plus compréhensible pour une telle équipe d’aller perdre à Belgrade que de se faire humilier à domicile. On attendait après ce match une réaction, on s’attendait à entendre de nouveau les allumés de la porte 13 : “Panatha mou, se aghapo, san heroini, sa skliro narcotico, san to hashis, to LSD, ghia me sena PAO” [1], pour le coup, après le deuxième match, ça sentait le Maroussi et ça ressemblait plus à un bad trip qu’à un fix pour les supporters. Perdre contre l’un des autres clubs de la capitale, impensable. Deux matches et deux défaites, un accident de parcours, tout est encore possible, mais c’est oublier un peu vite qu’il reste les deux confrontations face au Barca de Rubio et Navarro... sans oublier la finale de la coupe de Grèce. Résultat des courses, un mois plus tard, le constat est amer. Jamais en position de gagner à Barcelone, tétanisés dans le money time face aux Catalans à domicile alors que le point average était en vue à moins de cinq minutes de la fin et pour assaisonner ce cocktail, une défaite face à l’ennemi de toujours, l’Olympiakos entre les deux confrontations qui ont scellé le destin européen des verts.

L’heure est désormais aux bilans. Que faire ? Quoi penser ? Les joueurs ont-ils perdu l’envie de gagner ? C’est une possibilité. Obradovic n’a pas réussi à trouver la solution et pourrait faire ses valises en fin de saison. Si l’ossature est bonne, il semble que quelques ajustements aussi soient à faire. Peut-on réellement investir autant d’argent sur un joueur en fin de course comme Jasikevicius ? Il est aujourd’hui incapable de tenir la distance sur une saison complète et n’a plus grand-chose à voir avec celui qui martyrisait les meilleures défenses d’Europe, que ce soit en compagnie de Dejan Bodiroga à Barcelone ou d’Anthony Parker à Tel Aviv. Seulement, trouver un meneur complet et de ce calibre n’est pas chose aisée. Plus radical encore que d’effectuer quelques ajustements, faire table rase et repartir de zéro. Là encore, pas facile. Même si l’argent mis à disposition du club permettrait de rebâtir quasiment instantanément un effectif qui tient la route, cela promettrait quelques années de disette face à d’autres équipes tout aussi impressionnantes mais qui comptent en plus le vécu collectif nécessaire à ce niveau.

L’hégémonie est donc terminée, reste à finir sur une bonne note. Par exemple en perdant honorablement ce soir à Belgrade et en sauvant l’honneur lors de la dernière journée. Une défaite ce soir aurait le mérite d’éliminer sûrement Maroussi de la course aux phases finales. Pas glorieux, certes, mais cela aurait le mérite de ne pas subir une humiliation supplémentaire et d’être la risée d’un public que ne vit que par et pour son équipe. N’oublions pas également que le PAO ne compte qu’une seule défaite en championnat. Rien de moins qu’un nouveau titre est attendu par les fans et pourrait clôturer en beauté le cycle de l’équipe de la décennie.

Notes

[1Mon Panatha, je t’aime, comme l’héroïne, comme une drogue dure, comme le haschisch, le lsd, pour toi PAO le monde entier est défoncé. Paroles du chant repris en cœur à longueur de match par les supporters.