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EDF : Le bel ouvrage

dimanche 20 septembre 2009, par Emmanuel Laurin

Sans breloque mais avec un bilan largement positif, ce qui n’était plus arrivé depuis bien longtemps, il faut maintenant consolider les belles bases entrevues en Pologne pour l’équipe de France sortie des barrages (ne l’oublions jamais). Rendez-vous est pris pour la Turquie en juillet prochain.

Dans un match classique de classement où les protagonistes principaux sont mis au repos, les seconds rôles n’étaient eux pas là pour faire de la figuration. La jeune garde française, avec un duo ‘Diot Colo’ flamboyant en début de match (ponctué par le shoot de l’Euro (avec celui de Spanoulis contre la France) du manceau from mid-court at the buzzer), a assuré un premier écart qui, bon gré mal gré, a tenu sur la longueur du match ; si l’on excepte un petit coup de moins bien en fin de troisième quart durant lequel c’est le shooter fou Davor Kus qui ramenait les Croates dans la partie. L’équipe de France porte désormais bien son nom. Elle évolue de manière très positive depuis l’arrivée de Vincent Collet et son staff. Ce dernier tend de manière très juste à professionnaliser l’approche des événements, par un scouting beaucoup plus poussé notamment. Et il est si important d’harmoniser tant que faire se peut les méthodes de travail entre les expériences individuelles des joueurs qui, réjouissons-nous, squattent de plus en plus les rosters d’équipe de haut-niveau et l’expérience commune de l’équipe de France qui, autre source de satisfaction, se renouvellera dès l’an prochain et l’année suivante (respectivement pour le mondial turc et l’euro lituanien).

La fin d’une longue course poursuite

S’il y a déjà une leçon que l’on peut graver dans le marbre de l’histoire pour la génération Parker, c’est bien celui-ci. Celui d’avoir entraîné dans leur sillage le basket français. De lui avoir permis de se moderniser, de se rénover. Par leur succès outre-Atlantique, ils ont imposé par la force des choses à la France du basket de s’adapter à leur régime de jeu. Peut-être est il encore trop tôt pour tirer des conclusions, mais il semble bien que le train (à grande vitesse) des joueurs français a enfin été rattrapé par l’organisme fédéral (par le passé trop souvent ankylosé). Lors des précédents euros, on avait pu sentir une dissension inévitable entre des joueurs qui gravitent dans un monde NBA particulièrement protecteur et professionnalisé à l’extrême et la cellule fragile du groupe France. Et à la précision quasi-scientifique de la méthode américaine, l’équipe de France n’offrait qu’imprécision et impuissance. Ce temps semble désormais révolu, et c’est là une très bonne nouvelle tant cette génération, comme celle des Espagnols par ailleurs, mérite une organisation aussi pointue que les joueurs sont talentueux. Pas d’autocongratulation excessive non plus, attention. Si le voyage polonais se solde par un résultat tout à fait satisfaisant, il n’en reste pas moins que le niveau de jeu présenté est encore perfectible. Il existe une belle marge de progression.

Peaufiner et polir

En ne se lassant pas de répéter que la France vit ou meurt par sa capacité à se mobiliser en défense, il reste à développer des phases offensives plus consistantes. Le jeu de passe a pu, par séquences, être très efficace, voire spectaculaire. La force majeure de l’équipe étant son abattage physique, sa verticalité et sa vitesse (qui en font une des meilleures défenses du continent !), il nous faut un panel d’attaque en adéquation avec ces qualités. La zone a ainsi pu poser certains problèmes sur attaques placées. L’apport d’un Mickael Pietrus, voire d’un autre Mickael, (que l’on a enterré un peu vite) Gelabale, seront très intéressants tant ils peuvent l’un comme l’autre élargir les défenses par leur shoot à trois points comme par leur capacité à slasher les défenses.

L’autre énorme point d’amélioration est évidemment le secteur intérieur. Dans le contexte mondial, et encore plus européen, il est quasi-fatal de ne pas détenir dans son groupe un, deux, voire trois ‘gros babars’ (copyright Jacques Monclar). Et c’est là la seule critique que l’on pourrait formuler à Vincent Collet, pourquoi ne pas avoir gardé Johan Petro quand l’on sait l’apport, certes bouleversé (littéralement) par une blessure, de Ian Mahinmi ? Le fin mot de l’histoire s’appelle Joakim Noah ; car si le rejeton de Yannick prend lui aussi une dimension supplémentaire cette saison, il apporterait un plus incommensurable à l’équipe de France. Il offrirait un point d’ancrage offensif mais surtout défensif ; capable de gêner les géants Gasol, Yao, Howard, Krstic, Nene, ou encore Bogut.

Bleu horizon

Tous les feus semblent être au vert. En effet, il y a conflagration entre plusieurs phénomènes dans le ciel bleu. D’abord, la maturation confirmée des tauliers que sont Parker, Diaw, Pietrus Bros, et Turiaf. Ils atteignent une forme de constance dans leur apport. Tony a ainsi été exemplaire dans la longueur de l’euro, portant parfois l’équipe à bout de bras (sans tomber dans la fameuse Parker dépendance) alors qu’il fallait emporter la décision. Ronny a lui fait un travail de titan dans les raquettes, tout comme Florent Pietrus qui s’est formidablement sorti de ses missions défensives. Boris a également su sortir des grands matchs au moment opportun terminant parmi les meilleurs passeurs du tournoi depuis sa position de point-forward.

Le second phénomène est l’émergence rapide et bienheureuse de la génération suivante ; celle des Batum, De Colo, Diot. Ces derniers sont entrés sur la pointe des pieds mais commencent déjà à faire du bruit. Plus important encore, le mélange des générations se passe tout en douceur, les premiers prenant les seconds sous leur aile.
Le dernier paramètre favorable est la construction d’une forme de sérénité dans la gestion et le suivi du groupe. Il est effectivement fondamental de ne pas laisser en jachère les travaux herculéens entamés cet été. Autant par l’entrée (un peu people mais intéressante) de Larry Brown dans le microcosme français, que par un effort de professionnalisation qu’il faudra pérenniser (notamment entre franchises NBA et fédération, espérons par exemple que la blessure de Boris Diaw ne refroidira pas les Bobcats), l’équipe de France peut envisager l’avenir avec tranquillité et ambition. Mission accomplie ! see y’all in turkey !