vendredi 24 février
  • Facebook
  • Twitter
Accueil > News > Douce cacophonie pré-élective...

Douce cacophonie pré-élective...

jeudi 27 novembre 2008, par Jérôme Garnier

Intrigues et communication maladroite : ça sonne faux chez certains candidats à la présidence de la FFBB.

Si c’est à la fin du bal qu’on paie les musiciens, force est de constater que depuis quelques jours l’accordéoniste et son ami joueur de banjo dévissent un peu. Resituons le contexte : le bal ? Les élections fédérales... Les musiciens ? Les candidats, pardi ! L’accordéoniste ? Bernard Depierre. Le joueur de Banjo ? Frédéric Jugnet.

Dans un premier volume, votre serviteur se penchait sur l’aspect global des évènements, 1 mois avant le scrutin. Il faut croire que du côté de Basket Info, on ne devait pas être trop mal renseigné, puisque nombre d’éléments cités dans l’article mentionné ont été repris par d’autres sites ou journaux.

Parmi les points marquants de la réflexion initiale, on s’interrogeait légitimement sur les liens de cause à effet pouvant exister entre F. Jugnet, ses amitiés UMP, l’interventionnisme de Laporte -limitation des mandats, entrave à la nomination du nouveau coach de l’EDF, mouvement des DTN-, et ses ambitions personnelles, qui n’étaient alors pas encore déclarées officiellement.

Que de chemin parcouru depuis !

Récapitulatif : dans L’Equipe du 20/11, F. Jugnet affirme sa volonté d’être candidat, se défend d’avoir recours à une quelconque amitié politique supposée dans un but unique de déstabilisation ou de promotion personnelle, et dit ne pas s’en prendre « à une personne (JPDV) mais bien à une politique mise en place ». Politique qu’il a, rappelons le, implicitement validée en tant que secrétaire général de la FFBB. Nous y reviendrons.

Dans ce même article, B. Depierre, député UMP de Côte D’Or, se pose en candidat du renouveau. Il déclare d’ailleurs vouloir « une autre gouvernance, une vraie lisibilité et une vraie communication ».
Communication, le mot est lâché. Tout est tellement lisible avec ce cher député, que dès le lundi suivant, il jette un pavé dans la mare par le biais d’une interview dans la Gazette de Côte D’Or où il déclare finalement soutenir F. Jugnet, avec le concours de JF Lamour et Bernard Laporte, entre-autres. Extraordinaire. Depierre annonce même que l’actuel secrétaire aux sports aurait bloqué la nomination du nouveau coach de l’EDF, pour attendre les élections, bloquant de cette façon tout le système.

Et ce n’est pas tout ! Ça tourne même au vaudeville... Dans son excellente analyse, formulée par le biais de son blog, Pierre-Olivier Matigot, sur Basketnews.net, pose le problème à son tour. Dans les réactions diverses et variées à ses propos, l’auteur cite le droit de réponse réclamé par F. Jugnet. «  Par ailleurs, M. Jugnet se désolidarise des déclarations de Bernard Depierre (Député UMP, lui) dans La Gazette de la Côte d’or. Il tient à indiquer qu’il ne lui a jamais demandé explicitement quelque soutien que ce soit et ne revendique absolument pas être le candidat de Bernard Laporte, Jean-François Lamour ou qui que ce soit. ». Depierre voulait une plus grande lisibilité, une nouvelle communication : quelle efficacité !

La dérive politico-politicienne, dénoncée par Alain Serri (nous y reviendrons) dans l’Est Républicain, s’illustre pleinement grâce à ces bourdes. Si l’enjeu de la FFBB n’était pas derrière ces enchaînements pour le moins curieux, en terme de crédibilité, c’en serait presque drôle. Dommage cependant qu’avec toutes ces interrogations la voie soit ouverte pour une victimisation des deux candidats cités ici.

Qui croire finalement ? L’Equipe ? La Gazette de Côte D’Or ? Difficile à dire, surtout quand on se penche sur les propos très précis de M. Serri, relayés par l’Est Républicain en début de semaine. L’article est court, les propos nets et bien argumentés, car l’intéressé connait la maison pour avoir été président de la commission nationale des arbitres et de la chambre d’appel. Rien que ça. Son départ de la FFBB a fait suite à de nombreuses divergences d’opinions avec les responsables de la gestion du basket Français. Enfin, un en particulier...

Et pourtant, il est de retour. Pourquoi ? Car comme il le dit, les dérives que représentent la candidature à la présidence et les méthodes de F. Jugnet pour y parvenir sont troublantes : « Il a complètement sclérosé le système depuis huit ans, il manœuvre de manière souterraine pour être président de la fédé, ce que je déplore car on ne doit pas faire de la politique politicienne. Mais s’il était élu en tant que président, il ferait beaucoup de mal à notre sport. ». M. Serri précise également que F. Jugnet était plus décideur qu’il ne veut bien le dire. Une fois de plus, comme MM. Dusseaulx et Depierre, un membre à part entière d’un système soit disant bancal, en l’occurrence son secrétaire général, vient le dénoncer.

Consternant d’un côté, car les éléments confirmant la théorie développée dans le « volume 1 » se précisent les uns après les autres. Rassurant d’un autre côté, car les vrais passionnés semblent prendre conscience petit à petit du risque que peut représenter l’incursion de la politique et des manipulations de bas étage dans le monde sportif.

Que les pouvoirs publics puisent avoir une influence, c’est un fait. Mais cette influence se doit de rester aux portes des bureaux et des lieux de votes. Le duo Depierre/Jugnet, qu’il soit réel ou hasardeux, n’avance en tout cas plus qu’à visage découvert. Ne doit-on pas y voir là plus une volonté basique de pouvoir qu’une réelle volonté de changement ? Sans doute. Et ce n’est donc pas ça qui fera avancer le basket Français...

Dernier point, et qui peut intéresser du monde : qui vote ?

Le système d’élections est un peu compliqué. Pour résumer, le suffrage est indirect et pyramidal. Les licenciés votent pour élire leurs dirigeants de club. Les dirigeants de club votent pour les élus des comités avec les voix de leurs licenciés. Les élus des comités votent pour les élus de ligues de la même façon.

Pour l’élection du comité directeur de la FFBB, ce sont à la fois certains élus départementaux et régionaux qui votent, et ils « apportent » les voix des licenciés qu’ils représentent. En gros, 250 électeurs pour un peu plus de 400 000 voix...

Et les autres musiciens, vous en pensez quoi ?